« Y’a pas de place chez nous »

Andrée Poulin
Enzo Lord Mariano
Éditions Québec Amérique
Parution août 2016
15.95$

L’histoire est simple, racontée sans artifice : deux frères s’embarquent sur un bateau de réfugiés afin de fuir leur pays en guerre.

«Y’a pas de place chez nous.» Triste mélodie qui raisonne trop souvent aux oreilles des occupants du bateau, qui rament de terres hostiles en terres hostiles.

«Tarek demande à son grand frère : Pourquoi les gens ne nous répondent-ils pas? Marwan hausse les épaules et dit : Peut-être qu’ils sont tous sourds…»

Un album sombre, à l’image de la réalité de dizaines de milliers d’enfants qui luttent chaque jour pour leur survie.

Un album lumineux, où l’espoir est omniprésent, se traduisant soit par une étoile tendue, un sourire bienveillant ou une pointe d’empathie.

Des images percutantes, de la tristesse plein les yeux, mais aussi, de la dignité. Des teintes sombres, des pages sans mots aussi efficace qu’un long laïus.

Magnifique livre, impossible à lire sans s’émouvoir, dont la fin, heureusement, fait du bien. «Est-ce que je pue? demande Tarek. La petite fille sourit et lui dit : Un peu oui. Mais pas pour longtemps.»

Un outil génial pour aborder avec les enfants les notions de guerre et de réfugié, mais aussi et surtout, les notions d’empathie et d’accueil. Oxfam-Québec a d’ailleurs créé, en lien avec le livre, une fiche d’exploitation pédagogique sur le thème des réfugiés afin d’accompagner la lecture et d’alimenter la réflexion.

Y’a pas de place chez nous… vraiment?