«L’été Diabolik»

 Aventurons-nous aujourd’hui dans le sud de la France. Dans ce pays, les cigales chantent l’été et le début des vacances. Il y fait chaud alors les cocktails se sirotent au bord des piscines, les jolies filles se trémoussent en bikini et les hommes sortent leurs rutilants coupés sport pour tenter de les séduire. Nous sommes en 1967 et pour Antoine, 15 ans, cet été sera celui des premières amours, des premiers interdits bravés mais aussi des premières tragédies.

Car tout ne tourne pas rond dans ce paysage idyllique aux couleurs vives. Qui est ce mystérieux espion Russe ? Pourquoi le père d’Antoine devient il si froid ? Pourquoi d’ailleurs tente-t-on de le tuer ? Et qui est cette sublime Américaine laissée seule dans une majestueuse villa et qui prétend attirer le malheur autour d’elle ? Et quel est ce masque étrange qui semble sans cesse menacer nos héros ? Vous le saurez en lisant « L’été Diabolik », formidable œuvre du duo Thierry Smolderen et Alexandre Cleurisse qui rendent un hommage impeccable à la culture « pulp » italienne des années 70 (Les quatre pages d’explication et d’entrevues placées en fin de volume sont d‘ailleurs fascinantes). Sorte de continuité dans l’esprit d’un « Fantomas » ou d’un « Arsène Lupin », « Diabolik » nous entraine donc dans un univers au charme rétro totalement assumé et parfaitement exécuté. Enquête policière où chaque détail insignifiant trouve son importance, héros masqué dont on se plait à chercher l’identité ou suspicion de chacun des personnages, l’intrigue nous permet de décoder et relier les évènements entre eux à la manière des vieux romans de gare. Pour peu qu’on se laisse prendre au jeu, tenter de deviner comment finira cette histoire bien ficelée ajoute au plaisir de lecture.

Enfin, on remarquera le soin tout particulier accordé par les auteurs, au fait que chaque personnage possède une certaine forme de goût certain en matière d’esthétisme. En effet, tous semblent sortir tout droit d’un film de James Bond (le flegme du père d’Antoine est, à ce sujet, proprement délicieux). Ceux-ci n’hésitent pas à montrer leurs plus beaux atours, ce qui donne un rendu graphique absolument jouissif.

Véritable jeu de piste coloré sous le soleil de la Côte d’azur sur fond de musique Pop, l’été Diabolik possède le bon goût d’un bonbon acidulé dégusté sur la plage, les doigts de pied dans le sable.


L’été Diabolik
Thierry Smolderen
Alexandre Cleurisse

Dargaud
36.95 $